Article du Monde du 14 février 2018

Getlink, l’ex-Eurotunnel, se prépare à ferrailler contre son deuxième actionnaire
Le fonds britannique TCI est monté au capital de l’exploitant du tunnel sous la Manche. Le renouvellement du PDG Jacques Gounon à la tête du groupe est en jeu.

Samedi 17 février 2018, vu 298 fois // secteur Presse

La bataille n’a pas encore débuté. Mais les uns après les autres, tous les éléments se mettent en place pour un affrontement très vif chez Getlink, le nouveau nom d’Eurotunnel. L’exploitant du tunnel sous la Manche est la nouvelle cible de The Children’s Investment Fund (TCI), le plus grand fonds activiste européen. En quelques mois, TCI a ramassé assez d’actions pour devenir le deuxième actionnaire de l’entreprise. Et il entend visiblement la secouer. Les dirigeants de Getlink se préparent dès à présent à une assemblée qui pourrait être chahutée, le 18 avril, à Marcq-en-Barœul (Nord), près de Lille.

Devant les représentants du personnel, le PDG Jacques Gounon n’a rien caché de ses inquiétudes. « A plusieurs reprises, il a évoqué les risques qui pèsent sur le groupe avec l’arrivée de TCI, relate Stéphane Sauvage, élu Force ouvrière et secrétaire du comité d’entreprise. Il faut s’attendre à une confrontation assez rapidement. D’ores et déjà, nous sommes prêts, nous les salariés, à nous mobiliser contre les intentions néfastes de cet actionnaire. »
Un homme d’affaires redoutable

Les deux camps sont menés par des hommes à poigne. D’un côté, Jacques Gounon, 64 ans, le PDG qui a redressé Eurotunnel après la quasi-faillite de 2007. Ce polytechnicien a déjà eu à deux reprises à composer avec des actionnaires activistes, qui sont l’un comme l’autre repartis. De l’autre côté, Christopher Hohn, 51 ans, le fondateur de TCI. Un homme d’affaires redoutable. Avec son fonds, ce Britannique, diplômé d’Harvard, repère de grosses sociétés jugées sous-valorisées ou mal gérées, entre au capital, et tente d’imposer ses vues, souvent en orchestrant de vastes campagnes médiatiques et juridiques. C’est ainsi qu’il a contribué au départ d’un patron de la Deutsche Börse, au démantèlement de la banque ABN Amro, à la cession par Airbus de ses parts dans Dassault, ou encore, en 2017, à une profonde modification du projet de fusion entre Safran et Zodiac.

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Le monde du 14/02/2018

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